Pékin charme les athlètes français
mercredi 2 janvier 2008 dans Presse par Presse
COURCHEVEL, 26 décembre (Reuters) - A 230 jours de l'ouverture des Jeux Olympiques, les athlètes français commentent souvent impressionnés leur séjour sportif effectué à Pékin au cours de l'année écoulée. A l'occasion de leur venue à la "Semaine Olympique" récompensant de cinq jours à la neige les médaillés des sports d'été de l'année, ils livrent leurs impressions à "Reuters".
Championne du monde de pentathlon moderne en 2007, Amélie Cazé, 22 ans, raconte sa sortie de l'aéroport en septembre pour la finale de la coupe du monde : "Là , vous levez le nez et vous ne voyez pas un seul coin de ciel bleu mais, un nuage de pollution". Puis, la Picarde se souvient "de toutes ces petites mains travaillant sept jours sur sept. Les chantiers ne s'arrêtent jamais. Les ouvriers dorment à huit sous des tentes ou des casbahs insalubres et exigües. A l'INSEP, il faut six mois pour faire un rond point. Là , il leur faut six mois pour construire un village olympique".
TROIS FOIS L'INSEP
Vice-championne du monde de tir à l'arc en salle en 2007, Bérengère Schuh, 23 ans, n'en revient toujours pas d'avoir un pas de tir "sortir de terre spécialement pour nous". En août lors des pré-olympiques, l'archer de l'Yonne fut surtout "choquée par les conditions de travail de tous ces ouvriers. J'en étais tellement gênée que j'avais envie de leur donner quelque chose à manger ou une petite pièce". Dernier rentré de Pékin en décembre, le gymnaste Gaël Da Silva revient totalement éberlué : "La salle des Jeux fait 2000m², trois fois plus grande que l'INSEP. A chaque coin de rue, tout rappelle les Jeux : le décompte, la décoration, des slogans, des drapeaux. L'engouement et le dévouement sont énormes. L'ambiance est déjà géniale".
SURNATUREL
Double champion d'Europe de triathlon, Frédéric Belaubre y additionne trois participations en coupe du monde dont la dernière en septembre où tout son parcours a été refait à neuf, décoré de bout en bout "avec grand soin dans le moindre détail". Mais avant tout, le triathlète de Sartrouville, 27 ans, confirme "la gentillesse et l'accueil très dévoué au point d'en être presque surnaturel". Champion du monde de kayak monoplace en 2007, Sébastien Combot, 20 ans, a effectué deux séjours en août et en octobre. Le Breton en est ressorti "dépayé et surtout scotché par les installations tellement immenses qu'ils nous mettent à disposition des voiturettes de golf pour nous déplacer".
TRUC DE FOU
Vice-championne du monde de taekwondo en 2007, Gwladys Epangue, 24 ans, se souvient de son premier séjour en août 2004 et sa découverte de la grande muraille : "A l'image de ce truc de fou symbolisant la Chine, tout est immense là -bas : les installations, le nombre de vélos dans les rues : c'est renversant". Médaillé olympique de bronze en 2004, le navigateur Xavier Rohart, 39 ans, passa trois semaines en août "dans ce pays des extrêmes où le capitalisme règne en maître". Dès son arrivée à mille bornes de Pékin où la voile larguera ses amarres, le Marseillais fut "bluffé" par le monde puis, le climat : "Là -bas, il y fait plus chaud que partout ailleurs, il y fait plus humide que partout ailleurs et surtout il n'y a pas de vent : cela risque d'être vraiment très particulier".
ANGOISSE
Pendant les Jeux Olympiques de Pékin, l'équitation sera mise en quarantaine à Hong Kong. En août, le champion olympique de concours complet Nicolas Touzaint, 27 ans, y fit un saut et trouva un obstacle de choix : "Comme il y fait très chaud et très humide, les hommes et les chevaux vont beaucoup transpirer. Sinon, nous serons sur un hippodrome gigantesque en centre ville idéal pour les paris mais, pas forcément pour le complet". Médaillée olympique de bronze en 2004, la lutteuse Lise Legrand, 31 ans, n'a pas encore eu l'occasion de fouler les tapis chinois. Mais déjà , la Nordiste avoue "ma peur de découvrir une culture si différente de la nôtre. J'angoisse même un peu de découvrir le village olympique".
Par Sophie Greuil (Reuters)