XAVIER ROHART, en quelques mots, pouvez-vous vous présenter rapidement ? Alors... Je m'appelle donc Xavier Rohart. J'ai bientôt 40 ans. J'ai commencé la voile à Fos-sur-Mer, à côté de Marseille. Pour naviguer, ce sont des conditions idéales : soleil, vagues, vent. Un site très sympa. Aujourd'hui, je m'y entraîne toujours car il y a un pôle France qui s'y est monté là-bas. Mais depuis qu'on a obtenu un statut un peu international, on s'entraîne plus souvent à l'étranger, notamment sur les lieux de régates. On suit la caravane des déplacements.

Depuis collaborez-vous avec Pascal Rambeau ? Avec Pascal, on s'est rencontré en juillet 2003. Mon ancien équipier est tombé malade et j'ai donc dû en trouver un nouveau. Cela s'est fait sur une période très courte car il y avait un Championnat du monde à Cadix à préparer au mois de septembre cette année, une compétition qui était qualificative pour les JO d'Athènes. En un peu plus d'un mois, on a dû apprendre à se connaître, se mettre au diapason. A ce moment-là, on a mis les bases d'un fonctionnement qui a tenu jusqu'en 2004. Ensuite, on a bien pu tout replacer.

Ce "replacement" a eu lieu avant ou après les Jeux d'Athènes ? C'était après. En fait, l'entraîneur Daniel Dahon a bien cerné le potentiel de chacun. On a vraiment joué sur la complémentarité. Si on arrivait à mettre en symbiose tout ce que chacun savait faire, on savait qu'on allait être relativement performants. Tout s'est bien passé au début. Après, on a eu quelques périodes plus difficiles, avec des accrochages, ce qui est normal avant de bien trouver sa place à bord.

En début de saison, vous avez remporté la Rolex Cup à Miami. Idéal pour lancer l'exercice 2008... C'est vrai que cette Rolex Cup est considérée comme le début de la saison. Même s'il y avait eu quelques petites épreuves avant cela pour monter en puissance, c'était le premier grand rendez-vous. Toutes les têtes d'affiches étaient en Floride. Il ne manquait qu'un seul "gros poisson", le Brésilien Robert Scheid qui était concentré sur ses sélections au Brésil. A l'époque, et à six mois des Jeux donc, on a vu que le niveau est sacrément monté et que beaucoup de jeunes arrivaient pour jouer la victoire.

A Miami, vous en avez profité pour tester votre nouveau bateau, n'est-ce pas ? Tout à fait ! On a sorti, à cette occasion, pour la première fois notre bateau pour les JO. Un bateau qu'on a construit pendant tout l'automne. C'était le premier test in situ avec le matériel qu'on va utiliser à Pékin.

Les conditions de navigation à Miami étaient quasi-similaires à celles que vous risquez de rencontrer à Pékin. Cette victoire est donc de bon augure ? Oui, mais les conditions sont souvent proches, pas similaires. On ne peut jamais reproduire les mêmes vagues, la même pression du vent. Disons qu'on était dans la même gamme de conditions : petit temps chaud, des régates avec peu de monde.

Dernièrement, vous avez participé à la Bacardi Cup. Cela ne s'est pas passé comme vous l'auriez prévu... C'est vrai que la 15e place qu'on a pris n'était pas l'objectif premier. On visait beaucoup mieux. Mais ce classement est un résultat qu'il faut tempérer car il résulte de beaucoup de problèmes là-bas. On a touché le fond, on a donc cassé la quille de notre bateau neuf. Rien de grave mais les réparations ont pris du temps. Du coup, on a dû se réadapter sur un ancien bateau. Cela n'a pas trop bien fonctionné. On a cumulé des soucis logistiques et de casse qui nous ont empêchés de bien régater.

Quel est votre programme d'ici Pékin ? La prochaine compétition aura toujours lieu à Miami. Ce sont les Championnats du monde du 11 au 16 avril prochains. Théoriquement, le bateau neuf est réparé et est sorti du chantier. Il est refait comme il faut. On a tout ce qu'il faut où il faut. Après ça, il est prévu qu'on parte pour la Chine mi-juin, pour s'entraîner sur le site.

Est-ce la première fois que vous vous y rendez ? Non, on y a déjà fait un test en août 2007 qui nous avait permis, à l'époque, de créer le matériel qu'on utiliser à Pékin dans quatre mois.

Et donc, à Pékin, quel sera l'objectif ? On espère faire mieux qu'à Athènes et cette médaille de bronze. On veut décrocher le titre olympique, c'est certain. Le niveau est très élevé mais on a conscience qu'on est capable de le faire.

Eurosport - Propos recueillis par François-Xavier RALLET - 28/03/2008