A bientôt 40 ans, il se veut porteur - via le sport - de "valeurs" qu'il défend, sans pour autant refuser de coucourir en Chine.

"Pour moi le boycott c'est non. II est hors de question de ne pas y aller. Cela fait partie de l'essence même du sport que d'être porteur de valeurs, d'optimisme. Mon idée du sport est le partage. J'ai été champion du monde à Buenos Aires, un des hauts lieu du péronisme et alors ? II y a des problèmes en Chine mais à partir du moment où les Jeux on été attribués à Pékin, il faut y aller."

Rohart entend bien s'exprimer en tant qu'individu mais refuse d'exploiter son statut de sportif de haut niveau dans un débat politique.

"J'ai une manière de penser en tant qu'individu. II m'arrive de manifester en mon nom propre. II y a des choses qui sont de l'ordre du sport et des choses qui relèvent de la sphère privée", a-t-il ajouté, excluant cependant la possibilité d'affirmer ses idées dans le cadre des Jeux.

"PAS LA BONNE SOLUTION"

"Le sport m'a appris le respect de la règle donc de ne pas manifester dans l'enceinte des Jeux. Je suis plus proche de la position de Laura Flessel (championne olympique d'escrime) qui est de dire 'réunissons nous et adoptons une position commune pour exprimer notre désaccord sur ce qui se passe. Je préférerais aussi que le monde politique s'exprime sur la question. J'en ai discuté avec Marc Bouet (cinq fois champion du monde de voile, comptant quatre sélections olympiques). La voile avait boycotté les Jeux de Moscou et cela a frustré toute une génération, ce n'est pas la bonne solution."

Rohart partage l'avis de Jean-Luc-Rougé, aujourd'hui président de la Fédération française de judo et qui avait pris la tête du comité anti-boycott des JO de Moscou en 1980. Rougé estime que la présence des athlètes dans l'URSS de l'époque a aidé - par leurs témoignages - à la chute du mur de Berlin neuf ans plus tard.

"Je suis pour l'idée d'une protestation mais pas individuelle. Moi quand je manifeste, c'est comme monsieur-tout-le-monde, en tant que citoyen comme je l'ai fait en 1995 contre (Jean-Marie) Le Pen, pas en tant que sportif. J'aime l'idée de groupe. Et pour exemple, je connais dans ma région une dizaine de personnes qui ont l'habitude de suivre la voile aux JO et là, ils ont tous dit 'non' devant la difficulté du déplacement car ils sont obligés de passer par des organismes et parce qu'ils savent qu'ils n'auront pas d'autonomie. Et pourtant, ce sont ces touristes-là qui pourraient faire bouger les choses... Mais ils n'y vont pas en raison des contraintes."