La flotte olympique cingle déjà vers Pékin
lundi 12 mai 2008 dans Presse par Presse
Les deux Star, plus gros bateau de la flotte olympique, arriveront des États-Unis. Xavier Rohart et Pascal Rambeau, médaillés de bronze à Athènes, constitueront une des meilleures chances françaises en Chine.
Les JO ont déjà commencé pour les bateaux français, qui ont pris la route de la Chine en conteneurs. Une première régate très logistique. La flotte française tire déjà des bords vers Qingdao, le site nautique à 550 km à l'est de Pékin. Si le top départ a été donné de bonne heure, ce n'est pas tant parce que la Chine est loin ou par crainte de vents contraires. Mais tout doit déjà être sur place début juin, car les dix-sept sélectionnés olympiques et leurs remplaçants s'y livreront à une ultime répétition. Et c'est bien évidemment un peu compliqué de transporter là -bas les coques, les gréements, les voiles, l'accastillage, les bateaux à moteur des entraîneurs... Une vraie petite armada en vadrouille.
« Il a fallu penser à tout et prendre les choses en double en ou triple. Car là -bas, il n'y a aucun chantier et il nous faudra vivre en autarcie complète. » Alain Champy qui parle, l'amiral de cette aventure-là . Nazairien ayant fait souche dans le Morbihan, deux fois remplaçant aux JO, entraîneur et Monsieur logistique, il baigne dans l'olympisme depuis les Jeux de Montréal en 1976 et a donc quelques campagnes à son actif. Celle-ci est juste de plus grande ampleur.
« Sur les onze séries olympiques, le matériel est seulement fourni pour quatre d'entre elles, détaille-t-il. Les planches RS : X, le Laser radial pour les femmes et le Laser standard pour les hommes feront l'objet d'un tirage au sort pour la compétition. Mais on a quand même besoin des nôtres pour s'entraîner. Et tous les autres supports doivent être acheminés par nos soins. » Soit douze tonnes au total et un budget de 100 000 euros.
Le dernier conteneur est parti mardi du Havre. Mais là où l'opération se corsait, c'est qu'il fallait aussi acheminer des bateaux dispersés un peu partout. Les deux Star font ainsi route depuis Miami (États-Unis) où ils avaient jeté l'ancre en avril après leur Mondial. Des 470, eux, arriveront d'Auckland en Nouvelle-Zélande. Un casse-tête, donc, que cette régate à travers les océans. Et qui ne se transformera pas en partie de plaisir à Qingdao, aire de jeu très urbaine à l'ombre d'un mur de béton.
« Il y a assez peu de vent (3 à 10 noeuds de moyenne), beaucoup de courant au moment de la marée, de la houle. La température sera de 40°. Tout ça réunit en fait le plan d'eau le plus compliqué qu'on ait eu à affronter », souligne Alain Champy qui le connaît bien pour y être allé chaque année depuis 2005. On aura compris, pour toucher la terre promise (trois médailles espérées), la Mer Jaune leur en fera voir de toutes les couleurs.
Jean-Luc PELLIZZA / Ouest France