Star Wars à Rio dès samedi
vendredi 15 janvier 2010 dans Championnat du Monde par Presse
C’est à quelques milles de Copacabana, la célèbre plage de Rio de Janeiro, que s’élancera samedi la première manche du championnat du monde de Star. Dans la chaleur brésilienne - le pays est plongé en pleine canicule - 81 équipages passent en ce moment les contrôles de jauge sur le site qui accueillera les Jeux Olympiques de 2016.
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Parmi eux, une foule de champions du monde, 11 au total, comme seule cette série presque centenaire sait réunir. On compte notamment les Brésiliens Alan Adler, Marcelo Ferreira, et Robert Scheidt qui cumulent à eux seuls la bagatelle de cinq couronnes mondiales. Côté français, tous les moyens ont été mis en œuvre pour permettre à Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot de revenir au meilleur niveau international après une saison 2009 en demi-teinte. Pour venir à bout des problèmes de vitesse qui les ont pénalisés l’année dernière, les Français ont passé plus de 50 jours sur place, travaillant avec plusieurs spécialistes de la discipline. Selon les conditions rencontrées la semaine prochaine, le championnat du monde s'achèvera vendredi ou samedi prochain.
Focus sur l’équipage Autant le dire franchement, un adolescent réfléchira à deux fois avant d’afficher un poster du Star, sur le mur de sa chambre. « Ce n’est ni le plus marrant, ni le plus beau des bateaux » avoue Xavier Rohart qui a pourtant passé près de dix ans à bord. Pour lui, la vitesse ou les sensations ne sont pas les seuls critères à prendre en compte et il se dit fasciné par la dimension technologique de l’engin. « Le jeu est toujours là . Sur d’autres séries, il manque une donnée, c’est le développement. Tu ne peux pas en avoir marre du Star et c’est pour ça qu’il y a autant d’anciens et un si bon niveau ». Car c’est une des particularités de ce bateau, il réunit une clientèle si fidèle que des barreurs comme Alan Adler ou Torben Grael, champions du monde à la fin des années 90, continuent de courir, 20 ans après, derrière un nouveau titre. Dans cette série où le temps s’écoule un peu plus lentement qu’ailleurs – les règles de course n’ont pratiquement pas changées en un siècle - la performance ne se conçoit pas autrement que dans la durée et les nouvelles associations, à la manière de celle formée par le couple Rohart / Ponsot, ne trouvent pas leur vitesse de croisière du jour au lendemain. « Il y a une synchronisation et une vision à deux à régler » analyse Bertrand Dumortier, le coach, au regard d’une année 2009 en deçà des précédentes. Il faut dire que la barre était haute pour Xavier qui a apporté sa contribution aux bonnes statistiques de l’équipe de France. Associé à Pascal Rambeau, un autre gaillard d’une centaine de kilos, il a glané deux titres mondiaux ainsi qu’une médaille olympique. Des faits marquants venus récompenser une vie consacrée à la voile légère. Fait exceptionnel dans l’histoire de la fédération, le sudiste a participé à quatre olympiades, de Barcelone en 1992 à Pékin en 2008, avec comme fil conducteur Daniel Dahon qui n’a lâché son protégé que pour prendre sa retraite. A 41 ans, Xavier voit toujours l’avenir entre trois bouées : « dès 1992, je savais que je continuerais en voile légère, c’est un monde où je me sens bien (…). Rio 2016, je ne dis pas non, mais avant ça, il y a Londres 2012 et ce n’est pas encore gagné ». Pour cette échéance, il a choisi de s’associer à Pierre – Alexis Ponsot, touche-à -tout qui a navigué en Soling, Finn ou encore en match race. Avec ce Nantais, le fonctionnement est le même qu’avec Pascal Rambeau. « Il y a un rond et un carré » résume Bertrand Dumortier. Xavier, l’intuitif, se repose sur « PAP » le cartésien. « C’est une reproduction de Pascal » confirme le barreur, « il sait faire ce que je ne sais pas faire. Il apporte un raisonnement, un schéma stratégique et me permet de garder le fil directeur pour éviter les grosses bourdes ». Après une première saison de mise en route, le tandem commence à trouver ses marques. L’entraîneur prévient : « si ça marche, ça peut-être énorme ».
Interview de Xavier Rohart
« On s’est beaucoup entraîné sur place. On verra dans quelques jours si ça a payé mais on a bien progressé, que ce soit sur la technique ou les réglages. Cela dit, ça reste un plan d’eau délicat avec un vent difficile à deviner. Ça ne ressemble pas à grand-chose que j’ai connu jusque là . C’est un océan avec de l’air chaud et c’est assez dur à naviguer. Il fait très chaud et au vent arrière, la température monte vraiment. Il faudra être bon dans la résistance à la chaleur et au stress. Ceux qui sont à l’aise dans ces conditions auront un avantage. C’est le championnat du monde de la Star Class, il y a donc des règles spécifiques. Il n’y a qu’une seule manche par jour mais elle dure plus de trois heures et le parcours est immense. Dans ces conditions, il est primordial de bien partir et d’aller vite. Ce plan d’eau sera celui de 2016 puisque les JO seront à Rio et ça donne envie d’en faire partie. La voile sera en plein milieu de la ville, un peu comme à Sydney. »
Interview de Bertrand Dumortier, entraîneur
« On a mis le paquet sur la préparation. Xavier et Pierre-Alexis ont eu un début de saison difficile et on a mis les moyens pour leur permettre de revenir. Entre novembre et décembre ils ont passé environ un mois sur place, c’est un sacré investissement et ça paie car des progrès ont été réalisés en matière de vitesse. Ils ont notamment travaillé avec Philippe Michel et un coach polonais considéré comme une grande référence qui les a aidé à trouver les bons réglages. Nous avons fait des manches d’entraînement où il n’y avait que des étoiles jaunes (des champions du monde, ndlr) et ils sont dans le coup. En tous cas, le moral est meilleur et c’est de bonne augure. Ce sera un championnat long car il fait chaud et il faudra gagner à l’endurance. Le plan d’eau est divisé en deux partie puisque les régates peuvent se dérouler dans la baie ou au large de Copacabana où il y a toujours une houle importante. »