Dragon à Douarnenez Xavier Rohart, cap sur les J.O.



Il en rêve, c'est le but suprême, l'ultime récompense: l'or olympique. Mais d'ici les Jeux olympiques d'été de 2012, la route est longue. Et, pour cet athlète de 1,88m et 100 kg, celle-ci passe par Douarnenez. Secondé désormais par Pierre-Alexis Ponsot, Xavier Rohart est présent sur le circuit international de Star depuis 2001 après plus de dix ans en Finn. Ce marin de l'équipe de France de voile olympique a déjà participé quatre fois aux Jeux, deux fois en Finn et deux fois en Star, ramené une médaille de bronze en 2004, été élu marin de l'année par la FFV et champion du monde en 2003.

«Hier, j'ai grandi»

C'est après les J.O. de Sydney que Xavier a décidé de naviguer en Star. «J'ai fini 5e et je pense que c'est le meilleur résultat que je pouvais espérer, parce qu'en solo, je ne suis pas assez bon. J'ai besoin d'une complémentarité et en Star, je l'ai trouvée», explique-t-il modestement. La modestie étant d'ailleurs une des qualités remarquables de ce grand sportif au sourire d'enfant. «Cette complémentarité, je la trouve ici aussi, sur le Dragon, avec Louis Urvois et Gwen Chapalain. Louis conduit, il est concentré. Gwen prend en charge le bateau pour le faire aller vite et moi, je le place dans la géographie de la baie, par rapport aux adversaires. Hier, ce qui m'a frappé, c'est la similitude avec la journée charnière des derniers J.O. en Chine. Il y avait trois manches. Les conditions étaient les mêmes, le vent, les lumières, le paysage. C'est incroyable. Et je ne m'en suis pas sorti. J'ai vu toutes les erreurs que j'avais faites. Si j'avais navigué comme hier, nous aurions vraisemblablement été champions olympiques. Hier, j'ai grandi».

Entraînement et discipline de fer

Sa quête du Graal passe par un entraînement et une discipline de fer. La FFV demande une implication à 100%. En Star, il reste deux équipages français en lice, un seul sera retenu tandis que la France n'est pas sûre de faire partie des 14 nations invitées sur 35. «Nous investissons tout dans la préparation, le temps, la famille... Mais je ne partage pas totalement la vision de la Fédé. Je suis partisan d'une autre méthode qui consiste à s'inspirer de gens de l'extérieur et de qualité, dès lors que la rigueur est au rendez-vous. Et c'est ce que je viens chercher au Grand Prix de Douarnenez. Je navigue sur un bateau au top, avec des gens exceptionnels. Mes adversaires sont pour beaucoup des ténors et des légendes. La baie est extrêmement intéressante. On y rencontre toutes les conditions. Si tu sais naviguer ici, tu peux naviguer partout».

Crédit : www.letelegramme.com

Xavier second en Dragon du grand prix petit navire

Le trio Urvoy-Chapalain-Rohart («Ar YoulegII») s'est offert une très belle deuxième place lors du Grand Prix de Douarnenez 2010.

SOF : Xavier et Pierre-alexis 3ème

« On est globalement un peu déçu, ce podium n’est qu’une demi satisfaction. Même si on est bien placé pour la suite, ca commence à montrer qu’on fait des progrès. Globalement, on a progressé sur la maitrise technologique, sur le gréement, sur la vitesse et aussi avec Pierre Alexis, on a bien avancé sur la compréhension du vent. Mais les progrès qui nous restent à faire, c’est de mettre la symbiose entre les deux, moi qui pilote l’engin et Pierre Alexis qui analyse le plan d’eau. Je pensais que ça allait être assez court mais en fait ca va mettre beaucoup de temps. J’espère que d’ici Perth 2011, on aura assaini ce côté-là car il faudra absolument qualifier la nation là-bas. »

SOF : Xavier et Pierre-alexis 3ème avant la medal race

Xavier Rohart : (Star)

« Cela a été une bonne journée. Un et un dans les deux premières manches, cela aurait pu être parfait si nous n’avions pas raté un gros coup dans la 3ème. C’est une journée à notre image : nous sommes capable du très bon et on peut alterner avec des « trucs » de niveau école de voile ! Demain on va prendre des risques en medal race. Cela ne nous gène pas de jouer le podium avec un autre équipage français. Cela sera peut-être ennuyeux lors des sélections mais là non. C’est un avantage de bien les connaître : je connais leurs points faibles et leurs points forts. Et surtout leur potentiel : c’est ce qui m’inquiète le plus ! (rire) »

Pascal Rambeau : (Star)

«On aborde la medal Race avec seulement un point de retard sur les premiers, c’est donc très peu d’écart. Demain il ne faut pas calculer. Il faut prendre un bon départ et essayer de croiser en tête. On ne peut attaquer et défendre en même temps. La SOF va se jouer en 20 minutes… Guillaume apprend vite. Moi j’avais un peu d’expérience (sourire), c’est un retour. C’est sur que côté caractère à bord, il y a des chevaux sous le capot ! (rire). Du coup, je découvre un nouveau rôle : celui de modérateur. J’ai trouvé plus énervé que moi dans cette affaire (rire). Mais ça va on est train de trouver la méthode pour calmer le jeu. Sur le fait de régater contre mon ancien barreur ? Je répondrais avec une blague d’équipier : quand je faisais équipe avec Xavier, j’avais tendance à lui dire que je coupais toujours la ligne avant lui puisque j’étais équipier d’avant ! Et bien je voudrais bien continuer à faire la même chose mais pas sûr qu’il va se laisser faire (sourire) ».